EPK, leur kit électrique pour la presse est prêt
Par G-Johnson, jeudi 6 novembre 2008 à 17:38 :: MUSIQUE :: #266 :: rss
Prenez une bonne dose de post-punk, un soupçon de kafka, une pincée de Fincher, remuez le tout dans un gros chaudron avec des beats synthétiques et vous obtiendrez probablement le son du duo EPK. Si une nouvelle version musicale du Metropolis de F. Lang, devait voir le jour après celle de Queen en 84, EPK pourrait envoyer une démo tellement leur musique accroche à l'univers du film. En terme scientifique EPK pourrait être une énergie (les riffs) froide (l'ambiance)... Retour sur le processus de création de ses Brothers of Mercy.

Pouvez vous vous présenter et comment est né EPK ?
Emmanuel : Je joue les parties guitares, assure les vocaux et la programmation au sein d’Electric press kit tandis que Jean-François tient la basse.
Pour qualifier notre style, nous parlons de post punk…Sans le punk, comme beaucoup de formations, nous n’existerions pas…Ensuite des genres comme la Noise, la cold wave ou l’industriel ont eu, je crois, une influence déterminante sur notre démarche…
Nous avons fondé Electric press kit en 1996… Nous jouions déjà ensemble auparavant dans un groupe Noisecore (Sundered), aussi lorsque ce groupe a splitté, j’ai joué quelques temps dans une formation industrielle (Industry of bliss), et Jean François, de son coté, dans un groupe post rock (Bajka). Puis Jean-François et moi même, avons décidé de former un nouveau projet, Electric Press Kit était né.
Nous n’avons pas éprouvé le besoin de nous adjoindre d’autres musiciens, on avait pas envie de rencontrer des soucis de cohésion éventuelle inhérente à la vie d’un groupe; à deux c’est facile d’échanger, il n’y a pas de problème relationnel qui peuvent venir entacher la vie du combo… La boîte à rythme et sa couleur froide, automatique est devenue en quelques sortes une « marque de fabrique », nous étions impressionnés par des groupes à boite à rythme comme les Sisters, Big Black, Cabaret voltaire, Dogpile ou Suicide…
Comment procédez-vous lors de la composition de vos morceaux ?
Emmanuel : En ce qui concerne la composition des morceaux d’Electric Press Kit, nous avons d’abord généralement un riff de guitare, une programmation de boite à rythme, on y ajoute les lignes de basse et les vocaux (les textes sont généralement écrits pendant la composition du riff de base de guitare…). Une fois que l ‘ensemble nous convient, on y ajoute les breaks, des ponts, ensuite, nous réfléchissons à la production en fonction de l’ambiance du titre.
C'est quoi votre univers ?
Emmanuel : Mon « univers » est sans doute littéraire, musicale et cinématographique…
Mes goûts en matière littéraire sont assez éclectiques et inclinent vers les littératures françaises et étrangères, tous genres littéraires confondus (poésies, nouvelles, romans ou mémoires,…) et vont de Châteaubriant, Bloy, Céline, Kafka, Sade, Cioran, Joyce, à Lowry, Péguy, Bernanos, en passant par Baudelaire, Mallarmé, Laforgue, Jünger, Bukowski, ou encore Burroughs et bien d’autres …
Mes goûts musicaux tendent vers la Cold-Wave (Joy Division, Killing Joke, Siglo XX, Stockholm Monsters, Section 25, Dance Society,…), l’Indus (Neubauten, Test-Dept, Throbbing Gristle, Whitehouse, Spk, Dissecting Table, Belt, Big City Orchestra, Institut,…) mais aussi vers la Noise anglo-saxonne et française (Unsane, Drunk with Guns, Sonic Youth, Swans, Big Black, Davy Jones Locker, Pore,…).
Cinématographiquement parlant j’apprécie le travail d’un certain nombre de cinéastes comme, par exemple, F.Lang (Métropolis), D.Lynch (Blue Velvet),T.Gilliam (Brazil), A.Kurosawa (Le château de l’araignée), A.Ferrara (Le roi de New-York), D.Cronenberg (Crash) ou encore D.Fincher (Fight club) et V.Salva (Jeepers creepers)…
Jean-François : Mon « univers » musical est assez large. Outre les figures obligées que sont Joy ou Cure, j’écoute beaucoup de pop anglaise, de post-rock (Mogwai bien sûr mais aussi Tortoise, the Zephirs, Reindeer Section, Cyann & Ben…), de musique classique (notamment les compositeurs nordiques du début du XXème siècle :Sibelius, par exemple).
Quand au cinéma, cela reste une passion importante voire compulsive puisque mes cinéastes préférés traversent l’histoire culturelle du siècle précédent. Le cinéma expressionniste allemand reste d’une beauté plastique rarement égalée (Murnau, Lang, Pabst…). Le réalisme poétique des années 30, en France, fut aussi une période faste en films de qualité (Vigo, Renoir, Carné…). Sans paraître élitiste, il ne faut pas oublier les films de Bergman. Bref, il faut qu’un film me fasse réfléchir ou me questionne.
Quant à la lecture, ce sont surtout les auteurs américains de la beat génération qui m’intéressent (Burroughs, Kerrouac, Cassidy…).
Votre parcours ressemble à quoi ?
Emmanuel : Nous nous sommes rencontrés au Lycée en 1988, on écoutait de la Cold Wave et de la Pop (émanant de labels comme Sarah Records, Creation ,4AD, Beggars Banquet, Lively Art…), du Goth rock… On s’échangeait des disques pour les mettre sur cassette avec d’autres potes… On guettait les nouvelles sorties avec avidité… On était passionné de musique, on a alors décidé de monter un groupe (Sundered) avec des amis…
A partir de 1996 nous avons fondé Electric Press Kit. En 1998 est sorti de manière ultra confidentielle, en autoprod, une k7 démo qui fut, en 2000, chroniquée dans le dossier spécial scène francophone du magasine Elegy. Nous avons alors sorti cette k7 en Cd-r, qui est ainsi devenu notre premier Ep, et dans la foulé, nous en avons extrait un single « Deathbed » … Puis, en Novembre 2002 un nouvel Ep 7 titres « Show me », toujours en autoprod…Cet Ep a reçu un accueil très favorable et a fait l’objet de nombreuses chroniques positives dont une par Mick Mercer qui était élogieuse… Nous avons mis en ligne un site à l’automne
2002…C’est à cette époque que nous avons été contacté par le label Black Orchid (label slovaque spécialisé gothic /ambient /dark wave/ avantgarde/ experimental/ industrial) qui a sorti à la fin du mois de juin 2003, une compilation de titres extraits du premier Ep éponyme et du « Show me » Ep…Nous étions heureux que celle ci sorte chez Black Orchid car le catalogue de ce label comprend des groupes que nous apprécions tels que Venus Fly Trap, Big City Orchestra,
Origami Arktika , M Nomized ou encore De Fabriek…
Entre 2002 et 2006, nous avons fait des concerts, sorti un split single avec Pacific 231(offert avec le n°6 du zine La Salamandre) dont nous étions fans depuis longtemps, et prospecté pour trouver un label afin de sortir notre premier album…Nous avons également participé à diverses compilations comme par exemple « Sombre Fracture » (Altphere prod, 2003), «Industrial ceremony » (Altphere prod, 2005), « Drowning into sorrow » (Paradise Noise Records,2005), « La
Salamandre, une compilation Vol .II » (compile gratuite offerte avec le n°8 du zine La Salamandre)…
Nous avons alors signé avec le label nantais Les disques de la crypte qui a sorti notre premier album « Analogic » en Juin 2006, tandis que dans le même temps, Black orchid sortait « Analogic », en Slovaquie, avec un mix /mastering/ artwork différents de la version française…
La signature avec Les disques de la crypte nous a permis de rencontrer Ashkan, qui depuis manage le groupe, gère notre site officiel, ( http://epkofficial.free.fr ), s’occupe de l’artwork des pochettes…(Ashkan a ,par ailleurs, également organisé, cet été, à Nantes, l’enregistrement de notre deuxième album intitulé «Torsions», et est intervenu dans la production de ce dernier (à paraître en 2009) au coté de -k- d’Eklectik Rec) …
Par la suite, nous avons participé à un titre du dernier album d’HIV+ "We Are All Haunted Houses" ainsi qu’à un titre du HIV + / B C Split 10” picture disc…Nous avons également remixé pas mal de groupes comme entre autre Playmate on the run, Cruise Ctrl ou Giscard le survivant…Nous avons joué en France dans des villes comme Marseille, Reims, Le Mans, Strasbourg ou Paris bien sur…

Vous pensez quoi de la scène post punk ?
Emmanuel : Ca dépend de l’acception du terme « Post punk »…En prenant le sens stricte, c’est à dire, ces groupes qui viennent après 77 et qui produisent une musique nouvelle beaucoup trop raffinée pour etre assimilée au punk, malgré des similitudes évidentes ; je crois que ça a donné des groupes novateurs et excitants… PIL, Siouxsie and the Banshees, Cure, Birthday Party, Gang of Four, Joy Division, The Fall, Suicide ou encore Wire…
En revanche, je ne suis pas toujours convaincu par les épigones contemporains que sont Liars, !!!, Moving Units, Editors, She Wants Revenge ou Interpol qui se contentent quand même assez souvent de refaire avec des moyens de production modernes ce qui a été fait il y a 25 ans…
Comment organisez vous votre promo ?
Emmanuel : Rien de bien original pour le moment…Nous faisons des flyers, lorsque nous avons un concert prévu ou un disque à paraître. Parfois les orgas nous ayant invité à jouer pour un de leurs événements réalisent des affiches et également des flyers…
Concernant Internet nous utilisons les outils habituels de promotions, pages sur des sites communautaires, les forums musicaux orientés vers la scène « sombre » pour aller vite…
Nous avons fait également, par exemple, un Showcase, au magasin de matériel musical Total music en mai 2007, sur l’invitation du responsable événementiel et promotion qui n’est autre que Jacques Le Honsec (pour la petite histoire, ex membre du groupe Gout de luxe auteur du hit « Les yeux de Laura » dans les 80’s, et qui joue maintenant dans le groupe electro rock Slyguess)…
La pochette d’« Analogic » a été réalisée par Askhan …Il travaille l’artwork de «Torsions » en ce moment…
Vos influences
Emmanuel :Les Stooges, le Velvet Underground, Mc5, New York Dolls ou Suicide pour les précurseurs…
Ensuite, en Cold Wave/Post punk, Joy Division, Siglo XX, Killing Joke, Stockholm Monster, Section 25, Comsat Angels, Mary goes round…, en Noise, Big Black, Pain teens, Chrome, Unsane, Swans, Sonic Youth, Drunk with guns… et en Industriel, Neubauten, Test Dept, Whitehouse, SPK, Dissecting Table, Throbbing Gristle…
Trois grands producteurs que vous respectez ?
Emmanuel : Steve Albini pour la rugosité du son, Martin Hannett pour la profondeur de la prod. et les réverbs magiques, Robert Smith dont on parle jamais en tant que producteur mais qui a eu des traits de génie sur la production de la trilogie Seventeen seconds/Faith/Pornography…
Jean-François : Martin Hannett et Dave Friedmann…
Des projets pour l'avenir ?
Emmanuel : Nous sortirons notre deuxième album intitulé «Torsions» en 2009…Il est en cours de mixage et comportera 12 titres…Il prend le contre pied d’ « Analogic »…Nous ne voulions pas nous répéter…Là ou Analogic était low fi et âpre, le prochain album sera, coté production, orienté vers la puissance…On a voulu passer d’une musique rock replacé dans un contexte expérimental, à des chansons expérimentales replacées dans un contexte rock en quelque sorte…
Avant cela, sortira une compilation accompagnant le n°11 du zine La Salamandre qui contiendra le remix d’un nouveau titre « Sayonara Baby» (Sayonara Analogik remix by -k-) qui figurera d’ailleurs dans sa version originale (il existe aussi une version différente de ce titre sur la compile «Japanese crash») sur le nouvel album…Par ailleurs, nous serons en concert le 16 Décembre prochain à La Cantada (Paris) et d’autres dates suivront en début d’année prochaine…

Agenda :
Concert le 16/12/2008 à La Cantada (Paris)
Sortie du deuxième album "Torsions" courant 2009
http://epkofficial.free.fr/
http://epk.chez-alice.fr/accueil.html
http://www.myspace.com/electricpresskit
http://www.onvibes.com/electricpresskit
http://www.virb.com/electricpresskit
Commentaires
1. Le vendredi 7 novembre 2008 à 00:01, par Pascal
2. Le samedi 8 novembre 2008 à 10:58, par -K-
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