Ian Kamido:Tu, manipulateur d'images et de sons
par Sophie.G, vendredi 23 janvier 2009 à 00:00 | PHOTO | #410 | rss

Ian est un autodidacte dans bien des domaines. De ses compositions de musique assistées par ordinateur à la photographie, quelque part, tout est question de feeling et d'intérêt. De passion, tout simplement. Et ce garçon n'en manque pas. De ses séries d'art digital se dégage une certaine profondeur voire noirceur poétique. Travaillant plus à l'instinct qu'en réponse à des règles photographiques établies, il semble se laisser aller, guider, par ses humeurs, ses ressentis et nous propose au final des séries très oniriques, limite mélancoliques, sans connotation négative. Une sorte de spleen photographique qui trouvera un écho chez certains de mes collègues photographes, en commençant par moi. A la lecture des réponses de Ian, j'ai réalisé finalement que l'ordinateur était au cœur de son travail, celui sans qui ses musiques et ses images ne naitraient pas, une approche particulière et totalement assumée. C'est ce qui m'a donné doublement envie de le laisser nous parler de sa démarche et de son travail. Itv.
Salut Ian, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis graphiste et sound designer de profession. La composition, le Djying (sous le pseudo KAMIDO:TU) et la photographie sont des activités que j'exerce par passion.
A quoi ressemble ton parcours ?
Disons que tout à commencé au collège lorsque j'ai découvert Depeche Mode via albums "101" et "Violator". Le romantisme sombre de la musique et la photographie contrastée de Corbijn m'ont touché au point que je me suis intéressé à l'image et à la musique par mimétisme, je voulais faire pareil. Plus tard, j'ai appris les bases de la photo et de photoshop en fac tout en pratiquant la musique assistée par ordinateur en autodidacte. Il y a eu un déclic bien plus tard en 2005, lorsque j'ai réalisé l'artwork de mon album "Revealed". Mes proches trouvaient qu'elles avaient un réel potentiel, alors pour les tester j'ai participé au concours Hypegallery et c'est comme ça que j'ai exposé au Palais de Tokyo ou aux Rencontres d'Arles.
Mais il a fallu que je discute image avec mon ami photographe Jérôme Sevrette en 2007 pour que cette activité prenne une autre ampleur. Il m'a communiqué son intérêt d'un certaine manière et ça m'a remotivé. J'ai alors posté quelques nouveaux travaux sur le net et j'ai eu de bon retours assez vite, ce qui a renforcé mon envie de continuer.
"Digital Art & photographie", peux-tu nous préciser la nuance entre photographie et art digital ?
L'art digital est entièrement crée par ordinateur, comme la pochette de mon cd "Vast" par exemple. Par photographie j'entends des images que j'ai prises de manière classique avec mon appareil numérique, et que je transforme ensuite par ordinateur.

Pourquoi ce choix ?
Pour mettre en avant le fait que mes travaux exploitent les possibilités qu'offre l'outil informatique.
D'où te vient l'inspiration, comment nait une de tes créations ?
Si je le savais... c'est un phénomène mystérieux sur lequel je n'ai pas de prise. Je travaille à l'instinct. Je pars d'un cliché sans savoir ce que je vais en faire. Je tâtonne sur Photoshop et au bout d'un moment, la photo prend sens.
C'est encore plus troublant en composition. Je joue quelques notes au hasard, pour m'échauffer, et souvent un thème musical nait de lui même.
Je crée très rarement en ayant une idée préétablie ou en me forçant. Si ça n'est pas spontané j'arrête.
Sans nous donner tes secrets de fabrication, quelles sont les étapes clés de création d'une de tes œuvres ?
D'abord le repérage de lieux qui m'intéressent. C'est bien souvent le fruit du hasard, je ne prémédite rien. Je marche et un objet ou une situation m'attire, alors je prend un cliché instantanément ou je reviens plus tard. Ensuite je les trie sur mon ordinateur en choisissant les clichés les plus pertinents. Je joue avec les calques, contrastes et autres paramètres sous photoshop jusqu'à obtenir une image forte qui me plait. Je cherche avant tout à créer de belles images qui parlent d'elles mêmes.
Peux-tu nous parler de tes influences artistiques ?
J'ai des goûts très éclectiques dans des domaines très divers. En photo et en peinture je dirais Anton Corbijn, Robert Frank, Friedrich, Turner, Rineke dijkstra, Klimt, Yves Klein et Egon Schiele. Le cinéma m'inspire également, surtout les créateurs d'univers comme Tim Burton, Terry Gilliam, ou d'atmosphère comme Tran Anh Hung.
En musique Depeche mode, NIN, Cure, Arcade Fire, Massive Attack, TV on the radio, Fennesz, Pixies. Plus récemment, les productions de Boys Noize, Digitalism, Electrobugz, Popof ... j'en oublie.
Où peut-on retrouver tes travaux ?
Mon myspace regroupe toutes mes productions musicales et photographiques : http://myspace.com/kamidotu . Mon site http://iandigitalart.com est en cours de construction, les galeries se trouvent sur Flickr et Deviant Art pour l'instant. Je tiens aussi un blog sur lequel je poste mes news et des interviews d'artistes que j'apprécie : htttp://iandigital.wordpress.com
Des projets pour l'avenir ?
J'ai composé un titre d'influence "tektonick" pour une installation du peintre Taling. L'expo aura lieu à Paris en milieu d'année. Jérôme Sevrette m'a également commandé un morceau pour la refonte de son site internet qui sera en ligne bientôt. Nous avons d'ailleurs réalisé des vidéos projections à partir de ses photos pour mes concerts, j'espère que nous aurons des opportunités de les présenter au public cette année. Je donnerai également un live au 1929 à Rennes le 5 février pour l'émission "Les comptoirs électriques" de Radio Campus Rennes.
Enfin, j'ai quelques pistes en photographie mais c'est encore trop tôt pour en parler...
Question subsidiaire : si je te dis « cultcrusher », tu me réponds ?
Mais certainement (rires)


Marre de la TV, regardez plutôt















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