En 2018, Trippie Redd bouleverse l’emo-trap avec son clip « Topanga », réalisé par Kenneth Cappello. Ce visuel pirate les codes du rap en fusionnant séduction armée et rituel satanique. Les lumières fines illuminent un loft sombre où Trippie joue au gourou charismatique, évoquant les cultes apocalyptiques des années 70 comme celui de Jim Jones.
Trippie incarne le gourou peint et possédé
Trippie Redd émerge drapé en toge trop grande, ce qui rappellent instinctivement les marquages païens des rituels sectaires des années 70. Il danse en transe sous des lumières saturés, entouré de femmes dévouées à moitié nues qui se prosternent comme des adeptes fanatisées. Kenneth Cappello cadre ces contorsions en plans serrés glitchés, où la sueur luit comme huile sacrée lors d’un sabbat moderne.
L’esthétique vintage 70s : le culte Jim Jones revisité
Le clip puise dans l’esthétique vintage des années 70, avec sa pellicule super8 et ses poses extatiques qui évoquent les messes collectives de Jim Jones et son Temple du Peuple. Pentagrammes tracés au sol, crânes d’animaux cornus, serpents lovés : Cappello recrée un rituel satanique low-fi, où Trippie fume son blunt comme un prophète drogué au milieu de ses « disciples » féminines. Cette vibe culte est à mi-chemin entre du hippie sombre aux regards vides et un chaos hypnotique qui évoque un rituel païen urbain.

Les lyrics promettent salut ou suicide collectif
Trippie Redd avertit sa proie : « Don’t talk to strangers, since a youngin’ I’ve been totin’ bangers ». Il l’invite à Topanga, canyons bohèmes de LA, et tend les mains comme Jésus pour les « sauver » du danger. Le « BOOM-BOOM-BOOM-BOOM » ponctue la menace, miroir des sermons enflammés de Jones menant au suicide de masse en 1978.

Topanga Canyon absorbe le poison sectaire
Topanga, bastion hippie des 60-70s où musiciens et gourous se mélangeaient, se mue en mirage fatal sous les trips d’acide sous la langue. Les corps androgynes peints défient le machisme trap, tandis que les symboles occultes (pentacles, serpents) pulsent un beat hanté. Trippie-Jones offre l’extase ou l’anéantissement, écho aux paradis promis par les cultes californiens.

Cappello fusionne mode fetish et kitsch 70s
Kenneth Cappello excelle en maître du high-art pervers, recyclant l’esthétique kitsch des années 70 avec une précision diabolique. Il sature les couleurs criardes, les roses fluo acides, les bleus électriques pulsants et les verts bilieux, jusqu’à l’indigestion visuelle. Ca rappelle bien évidemment les affiches jaunies des films d’exploitation du type Beyond the Valley of the Dolls. Ses zooms saccadés, brutaux et imprévisibles, rappellent les jump cuts fiévreux de Russ Meyer, où les corps explosent en chair vive sous l’œil voyeur.

Cappello éclaire en low-key radical : les ombres denses engloutissent les torses peints, la lumière zébre les visages comme stigmates sacrés, recréant l’ambiance glauque des grindhouses seventies. Il transforme le loft aseptisé en temple underground païen : pentacles tracés à la craie sur le sol, crânes cornus alignés comme des reliques et serpents shootés au valium transfigurent le propos. Trippie trône au centre, entouré de muses androgynes à moitié nues qui ondulent en transe extatique.
La nudité rituelle flirte ouvertement avec le porno soft 70s : seins luisants, regards vides de soumises mystiques, poses qui évoquent les loops VHS pornos cachés des sex-shops californiens. Cappello explose les clips gangsta rap les plus lisses, ceux des années 2010, sans sueur ni danger. Ce loft devient un Jonestown revisité qui bouffe les normes mainstream pour cracher un art sale, vivant et maudit.
L’emo-trap sectaire : Trippie Redd réinvente les gourous maudits
Trippie Redd domine SoundCloud en 2018 avec « Topanga », un manifeste emo-trap qui cogne comme un uppercut rituel. Le clip revisite les gourous dangereux de l’époque, tels Jim Jones et son Temple du Peuple, ou l’Ordre du Temple Solaire, pour un art contre-culturel vorace et cannibale.

Jim Jones hypnotisait des milliers d’adeptes dans les jungles guyanaise, promettant paradis socialiste avant le suicide collectif de 918 âmes en 1978, cyanure sucré en punch fatal.
L’Ordre du Temple Solaire, plus discret mais tout aussi létal, brûlait ses fidèles en « transit stellaire » dans les Alpes suisses et québécoises, 74 morts en 1994-97, feux rituels et disparitions mystiques.
En 2026, « Topanga » explose encore le mainstream fade ou l’auto-tune sans tripes. Trippie ingurgite et régurgite ces célèbres sectes comme sources d’énergie punk et toxique : charisme absolu, tabous pulvérisés, fidèles prêts au crash ultime. Les gourous morts alimentent l’underground éternel, preuve que le chaos sectaire droppe plus fort que n’importe quel algo corporate.
https://trippieredd.com
Clip : kennethcappello.com
Production musicale : chopsquaddj.com

